Lundi 16 novembre 2009
 

Mercredi 22 juillet, il faut bien revenir.



 

Levé de bonne heure. P'tit dej avec Vassili. Comme je lui ai dit que je voulais écrire le récit de mon voyage, le cas échéant tenir un blog, il me demande ce que je compte raconter. Je lui répond que je compte simplement décrire ce que j'ai vu, les personnes que j'ai pu rencontrer. Il me demande si il est exact que les français boivent du vin à tous les repas. J'aurais pu lui répondre que les français croient que les russes se saoulent à la vodka tous les jours. Les clichés somme toute ont la vie dure quelque soit le pays. Il me demande ce que je pense de Sarkozy. Je reste évasif. Je ne sais pas trop quoi en penser pour l'instant. Mais après tout nous avons un gouvernement qui tient la route. J'ajoute que je ne sais pas non plus quoi penser de la politique en Russie. Je manque tellement d'éléments pour me faire une idée valable. Je n'ai pas trop le temps de lire les journaux. Je lui demande où trouver du caviar. Il m'indique une boutique où il a l'habitude de se fournir à l'entrée de la place Sennaia.


 

Il me demande de revenir pour 12h30 le temps de prendre un café avant de partir. Je me rends sur la place. J'en fait le tour sans trouver le magasin. Au départ je m'étais dit que je retournerai volontiers au marché, histoire de dire à mon vendeur de fruits qu'il s'était bien moqué de moi mais que ce ne serait que la seule fois que je lui accorderai ce plaisir. En face de son stand on vendait du caviar. Et puis à quoi bon. J'achète une bouteille de vodka « la Marque Verte ». La meilleure en Russie prétend l'étiquette . Je déjeune dans un petit restau qui se présente comme typiquement russe. Mobilier en bois clair style rustique. On se croirait dans une isba.
 

12H30 je suis de retour. Café avec Vassili. Je lui dit que je souhaite revenir en hiver. Je veux savoir ce que c'est que le froid et la neige en Russie. Il me conseille la fin février, le début du mois de mars quand le soleil recommence à poindre. Il y a de belles lumières pour la photo. A ce moment les habitants ont pour coutume de venir prendre des bains de soleil au pied de la forteresse. Les membres du club des Morses vont même jusqu'à se baigner. Je dois le prévenir suffisemment longtemps à l' avance si je veux revenir. 13h10 . ma valise est bouclée. On se quitte.
 

Métro jusqu'à la station Moskovskaia. Du mal a passer le portillon avec mon bagage. Mini bus vers Poulkovo 2. Chauffeur pas aimable du tout. Il me compte mon voyage plus ma valise soit 46 roubles. Je lui tend un billet de 100 et il me balance ma monnaie. Il est bien temps de rentrer. J'achète un petit bocal de caviar rouge en duty free, 470 roubles soit 10 euros.Formalités douannières. RAS. Fokker 100 vers Vienne. Du hublot je vois le golf de Finlande. Avec les hotesses et le stewart, je parle tour à tour Anglais ou Allemand. Vienne. Danke und auf viederseen. Re formalités douanières. Cette fois un employé scrupuleux, du genre fin limier, détecte mon petit couteau dans la poche avant de mon sac à dos. Confisqué . Un message de Nadia qui me dit que si je suis à l' aéroport vers 19h elle peut me prendre au passage, vu qu'elle est avec notre mère dans sa maison de retraite. L'avion a prend de l'altitude. En dessous le beau Danube déplie ses méandres.
 

Encore 23 secondes pour traverser

Boing vers Paris. A Roissy avant la sortie, sur la gauche ils étaient 3 derrière une table à nous scruter en civil avec des brassards rouges. Là je me dis qu'avec ma tronche de métèque c'est couru d'avance, je vais y avoir droit. Il a du voir que je m'attendais à ce qu'il m'interpelle : Bingo. « Hep vous la bas ! ».  Contrôle. Le douanier: « D'où venez vous ?" - "St Petersbourg." -"Pourquoi ce voyage ?" - "Tourisme." - "Avez vous plus de 10 000 euros sur vous ? "-"Monsieur je reviens avec 30 roubles et 10 euros." - « Qu'avez vous à déclarer ? » «  Une bouteille de vodka et un peit bocal de caviar rouge acheté à l' aéroport ». « Je peux voir le contenu de votre valise ? »  : vodka, caviar, dictionnaire de russe, brochure sur St Petersbourg. Il commence à fouiller . Renonce. Il m'aide à refermer ma valise. « Au revoir monsieur ». « Merci et à la prochaine ».


Ouf, Nadia est là qui m'attend. J'ai complètement oublié de lui envoyer une belle enveloppe timbrée. Imbécile!

Au prochaine article, je livrerai le bilan de mon escapade....

Par Serge-Albert Lagarde - Publié dans : Carnet de voyage
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Mardi 10 novembre 2009
 

Mardi 21 juillet huitième jour, veille du départ.

 

 

Réveil. Douleur à la hanche. Je n'ai pas envie de déjeuner seul. Je me décide pour le café Subway sur la Perspective. Musique de fond, siège et table un peu collants. Une espèce de sandwich avec du pain brun et une tranche de fromage cuit passée rapidement au micro-onde. 150 roubles. Vraiment pas de quoi en faire un fromage monsieur du Corbeau.

 

Il fait frais, il y a du vent. Les gens vont au travail. Un jeune soldat dont une mine à volé les jambes fait la manche assis sur une planche à roulette. Les passants lui donnent quelques roubles. 
 

J'achète 65 roubles une pochette de cartes postale dans une librairie. Direction la Poste centrale. Achat de 8 belles enveloppes et je demande 8 timbres pour la France. La préposée me découpe méticuleusement un par un 4 timbres par enveloppe soit 32 timbres. 220 roubles. Je prends place à la table en bois et écris mes lettres. La colle a mauvais goût. La femme qui envoyait son courrier avant moi collait ses timbres en trempant son doigt dans le gouleau d'une bouteille en plastique dont l'eau plus que trouble n'avait pas été changée depuis Mathusalem. La prochaine fois j' apportes mon bâton de colle comme la jeune fille qui est au bout de la table.
 

13h, Teremok. Crèpe « grèque » et kvass, 120roubles. Sur la Perspective je stoppe net. Un camion est arrété au feu devant moi. Je déchiffre : Iron Moutain ! La Société qui gère nos dossiers médicaux à Cochin. Même à St Petersbourg ! Je n'en crois pas mes yeux. Le temps de la surprise, trop tard pour la photo. Ca si c'est pas un signe.


 

La Cathédrale. Toujours des mariages. Le photographe demande aux mariés et à leurs invités de se mettre sur une seule ligne face à lui. A son signal ils sautent tous en l'air. Photo. Ou bien toutes les femmes se mettent dérière la mariée et tous les hommes dérière le marié. On fait mine de tirer dans les deux directions pour les séparer, bien sur sans succès. Les russes se marient ils tous en juillet? Je me renseigne sur le prix des souvenirs. 8000 roubles (200 euros) la belle boite laquée. Une dominante dans les verts. Un paysage de fôret . Un arbre couché sur lequel jouent deux oursons retient mon attention. Je passe mon chemin. Je longe la Néva. Une jeune artiste dessine le petit canal qui débouche à côté de l'Ermitage. Sur l'esplanade des montreurs d' animaux : un aigle, un petit lynx. Une gamine regarde l'aigle dépitée. Elle aurait voulu qu'on la photographie avec sur le bras. Mais maman a dit qu'elle n'avait pas de sous... D'un autre côté on place l'aigle sur le bras sans la protection d'un gand de cuir et vu la taille des griffes... Cela fait 6 heures que je bats le bitume. Pauvre bitume.


Je rentre à 15h. Je préviens la fille de Vassili que je pars le lendemain à 15h. Je dors 2 heures. Et me voilà reparti. La crèperie Samovar rue Garakovskaia. Une crèpe et du thé sans citron. « Il n'y a plus de citron ». « Cela ne fait rien, donnez moi du café avec du citron ». Salut Fernand Raynaud. Cathédrale st Isaac. J'achète 550 roubles un petit pendentif style Faberger blanc et bleu en vue de l'offrir à Jacotte. La vendeuse est espagnole d'origine et parle un russe que je comprends assez bien. Elle me dit que pour elle c'est très dur de travailler ainsi l'hiver. Je vais m'assoir au bord de la Néva. Une bière et une brochette cuite sur place sur un braséro et accompagnée de salade. 280 roubles. Je rentre. Il est 22h. Vassili arrive en même temps que moi . Visiblement il n'a pas le temps de
me causer. On verra demain.

 
. La plage

Par Serge-Albert Lagarde - Publié dans : Carnet de voyage
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Lundi 9 novembre 2009
Tsarskoié Siélo 


Lundi 20 juillet, septième jour.


 

La deuxième visite la plus importante de ce voyage : Tsarskoié Siélo. Mauvaise nuit. Du mal à me mettre en route. P'tit dej seul. Il a plu toute la nuit. A partir de 9 h le ciel commence à se dégager. Alors je décide de lever l'ancre.

 

Le métro jusqu'à la station Moskovskaia. Le bus K 299 à droite de la fontaine, derrière le buste de Lénine. Nous quittons Petersbourg. Une petite dame engage la conversation. Elle me demande si je vais à Pouchkine. Elle habite la banlieue. Elle me fait signe quand il faut descendre. « Spaciba ». Beaucoup de monde. Entrée du parc 160 roubles. Je me contente de me balader dans le parc autour du lac. La file pour la visite du Palais est impressionnante.  Il y a foule autour de la Fontaine de la Laitière qui se lamente sur sa cruche brisée. On se fait photographier en touchant l'eau . Des touristes chinois blagueurs. Il y a la Grotte, le Bain Turc, le Pont Palladien, le Monument de Lanskoy. Un kiosque où on peut louer des costumes d'époque pour se faire photographier par ses proches. Vers la sortie un musicien joue de la flûte traversière, pantalon noir, chemise blanche comme au concert. Ses CD sont exposés sur une chaise.

 

La Fontaine de la Laitière

Il commence à pleuvoir à nouveau. Je décide de rentrer par le train.  En ville je tombe sur un bazar ou l'on vend des fruits , des légumes et quelques fringues. Là aussi le sol a subbi bien des hivers. Je demande mon chemin à plusieurs reprises. Il faut 20 bonnes minutes pour regagner la gare. Achat d'un ticket 42 roubles. Avec un code barre lu par la machine. Voyant mon air interrogateur, un passager me fait comprendre que pour Saint Petersbourg il faut emprunter le tunnel souterrain et accéder au quai en face. Les gens paraissent plus ouverts qu'à Saint Petersbourg. Arrivée gare de Vitiebsk. Je joue le badaud. Des boutiques, des restaurants genre self. Un policier m'observe. Je préfère ne pas m'attarder et je me dirige vers l'escalier. Je descends un étage. Les caisses sont dans une vaste salle. Je sors. Emprunte la rue Gorokovskaia. Le canal Griboiedova. La maison. Il est tôt. Je prends un cachet et je dors jusqu'au matin.



Le pont Palladien

A suivre...

Par Serge-Albert Lagarde - Publié dans : Carnet de voyage
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Lundi 9 novembre 2009
 

Aujourd'hui , 9 novembre 2009 alors que nous fêtons le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, je souhaite partager ceci :

 

En juillet 1966 j'ai participé à un chantier de travail pendant 3 semaines en RDA avec LVJ ( Loisirs et vacances de la Jeunesse) , une agence chapeautée par le PCF. Plus précisemment à Torgau sur l'Elbe en Saxe. Cette petite ville s'est rendue célèbre le 25 avril 1945 lorsque Russes et Américains ont fait leur jonction . Une photo a immortalisé la poignée de main échangée entre un soldat de l'armée Rouge et un GI au dessus de la cassure du pont endommagé par les bombardements. Une garnison soviétique y stationnait. Moyennant 250 francs, le prix du voyage, nous étions tenus d'éffectuer 2 semaines de travail et être récompensés par une semaine de villégiature. Nous fûmes employés au Flachglass Kombinat où on fabriquait des parbrises de tracteurs selon une méthode inédite . Une plaque de verre était étirée sur plusieurs mètres de hauteur. Refroidie et découpée. Beaucoup d'habitants y étaient employés.

J'ai été affecté au désherbage de la voie férrée, puis la briquetterie et enfin la scierie. Les employés n'étaient pas stréssés. Le matin il y avait la petite (kleine) pause, puis la grande (grosse), le temps du repas et la sieste. Dans l'usine elle même il y avait les inévitables banderolles à la gloire du socialisme. L'atmosphère y était assez détendue. Pas de stress au travail comme on le voit maintenant dans nos entreprises. Disons que c'était l'excès inverse.

Et c'est à Torgau que j'ai vécu mon premier amour. Le 1er samedi nous avons participé à une rencontre amicale de football et en retournant en ville nous avons un camarade et moi traversé un grand parc. Dans ce parc nous nous sommes trouvés devant un Gasthaus . « Chez Tante Suzie » était écrit en français sur la façade. Nous sommes entrés, avons commandé une bière. Il y avait une grande salle avec une estrade et des tables et visiblement une piste de danse. Jean pierre qui parlait allemand questionna la serveuse qui nous appris que le samedi et le dimanche on venait danser.

Le soir même nous décidâmes d'y aller. Sur place deux guitaristes et un batteur interprettaient à notre grande stupéfaction les airs des Shadows. Nous ne nous attendions pas à entendre une telle musique en RDA en 1966. A une table JP reconnu une fille avec qui il avait déjà sympatisé . Elle était avec une amie, Brigitte et des membres de sa famille.

On mangeait, buvait et tout à coup JP me fait comprendre que Brigitte est aux prises avec un officier russe qui insiste pour l'inviter à danser. Elle n'y tient absolument pas. JP me pousse à intervenir. Je me lève et invite Brigitte qui s'empresse d'accepter. L'officier me prend par le bras :- « tu n'as pas vu que j'étais avant toi? » Et moi de lui répondre du tac au tac : - » tu n'as pas compris qu'elle ne veut pas danser avec toi ? »

Du coup avec Brigitte nous avons enchainé danse sur danse pour ne laisser aucune chance à l'officier. Mais au moment de partir une femme est venue nous avertir que nous avions un comité d'acceuil dans l'obscurité. Nous nous sommes éclipsés par l'issue de secours. Nous avons fait dans la nuit un grand détour en silence pour regagner la ville. Une fois hors de danger nous avons marché tranquillement en direction de son habitation. Alors elle m'a caressé le visage. Nous nous sommes embrassés un long moment puis elle est rentrée chez elle et j'ai regagné l'école qui hébergeait le groupe de français et de belges.

Les jours suivants nous nous sommes retrouvés après le travail sur les bords de l'Elbe. Nous avions beaucoup de mal à communiquer. Je ne parlais pas allemand, juste quelques mots. Elle ne parlait ni français, ni anglais. Elle avait été obligée d'apprendre le russe mais refusait catégoriquement de le parler. Alors nous utilisions un calepin et un crayon pour faire des dessins.

Rapidement elle m'a fait comprendre qu'elle était amoureuse. Elle voulait que je lui fasse un enfant sur le champ. Elle pensait ainsi pouvoir me suivre en France. Je n'avais que 17 ans et elle 22. Elle avait un certain charme. J'aimais son parfum. Je lui ai expliqué que je n'avais pas fini mes études, que je n'avais pas de métier. Elle me disait qu'elle m'attendrait 5 ans s'il le fallait. Je n'avais jamais fait l'amour, mais comment pouvait elle m'expliquer ce que j'avais besoin de savoir. Malgré tout nous avons fini par nous aimer un dimanche après midi au pied d'un grand arbre au bord de l'eau. Là j'ai pris peur. Peur de faire un enfant. Peur de me laisser enfermer dans ce premier amour. Peur aussi des complications éventuelles avec les autorités. Les derniers jours j'ai tout fait pou l'éviter. Je suis parti en excursion à Dresde et à Leipsig et j'ai à Berlin repris le train pour Paris. Je n'ai plus donné signe de vie.

Cette histoire m'a bouleversé. Je suis resté un an avant de connaitre une autre amour. Ce n'est que plusieurs années plus tard que j'appris que mon cas n'étais pas unique. Dans toutes les « Démocraties » Socialistes, de nombreuses femmes ont tout tenté pour se faire épouser par des occidentaux pour fuir leur pays et mener une autre vie à l'Ouest.

 

J'ai la ferme intention de faire d'ici à l'été une sorte de pélerinage entre Berlin, Dresde, Leipsig et Torgau. Maintenant le Mur est tombé. Je ressens le besoin d'exorcicer ce souvenir qui occupe un peu trop de place dans ma mémoire.

Par Serge-Albert Lagarde - Publié dans : Carnet de voyage
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Dimanche 8 novembre 2009
 

Dimanche 19 juillet. Sixième jour.

 







Soleil. Je démars tard. La rue Lomonossov en face de mon immeuble. Dérière la façade très classe d'une banque, toute en marbre je découvre une sorte de marché aux puces comme à Clignancourt. En pire. Les 5 Coins. Des fringues, des chaussures, des sacs . Des rues qui se coupent à angle droit, des ruelles aux chaussées défoncées. Certains batiments sont des ruines. Des femmes vendent leur production de chaussons fourrés. J'en achète un pour 25 roubles, histoire de me caller une dent creuse.
 

Retour à la rue Lomonossov. Une place avec la statue du savant qui a donné son nom à l' Université de Moscou ou j'ai vécu 3 semaines en 1965. Lomonosov était sous Catherine II un petit moujik sibérien dont un pope remarqua l'intelligence. Il le poussa vers les études . Il devint le plus grand savant de son époque. Je traverse la Fontanka. A gauche, la perspective Zagorodny et à droite la Perspective Kouznetchny. La façade du marché Kouznietsni. J'entre. Certains étals sont encore pleins, mais plus de chalands. Un commerçant engage la discussion. Il veut absolument de vendre des fruits. « Je refuse, argumentant que je suis en vadrouille et que je ne peux me charger. Les fruits ne vont pas supporter d'être écrasés dans mon sac ». Il me fait malgré tout un assortiment de fruits. Pèse. Un rapide calcul sur sa calculette 560 roubles pour 1,5 kilo. Aucun prix n'est indiqué.




Je tique. Je sens l'arnaque. Il veut en rajouter. Je refuse. Je paye quand même. J'ai l'air du pigeon idéal. Plus tard je comparerai ailleurs les prix qui tournent autour de 100 roubles du kilo. C'est pas une somme énorme, 14 euros, j'aurais au moins mangé des fruits. Cela doit faire partie de mes dispositions internes. Une lampe s'allume dans mon cerveau. Il est grand temps de consulter mon toubib. A un stand chinois des vendeuses me vendent une barquette de salade pour 120 roubles. Je me dépèche de battre la retraite. En face des petites dames debout devant le mur essayent d'écouler leurs productions personnelles, bocaux de conserves, bottes d'oignons, quelques fruits, quelques fleurs. 




Au prochain coin de rue, juste en angle, le l'appartement musée de Dostoievski. Toujours en demi sous sol. Entrée 150 roubles. Il me manque 20 roubles de monnaie. La caissière voit dans mon porte monnaie un jeton de métro qui fera tout juste l'affaire. Je laisse mon sac à la consigne. Je monte d'un étage. Une jeune femme me remet un audio guide en anglais. Quelques jeunes visiteuses. Le guide en anglais m'exaspère avec sa voix guindée so british. Je finis par lui couper le sifflet. Je m'attarde sur la déco, les objets et je pars. Au coin de la rue, un kiosque Térémok. Un verre de kvass et je rentre déposer mes fruits à la maison.



Je dors. Je retrouve le sirop de la rue vers 20h. Je retourne à la cave de jazz. Au moins je vais rester tranquile sans crapahuter. Une salade et une bière plus l'entrée pour 400 roubles. Une autre chanteuse, guitare, guitare basse, batterie, sax. Des standarts classiques. Bien interprétés.


 

Retour sur les bords de la Néva. Le groupe « Dojili » est encore là. J'achète leur CD 100 roubles en disant que je vais l'offrir à ma fille à Paris. Oriane me le rendra en me disant que le rock russe n'est pas sa tasse de thé.


Le joueur de sax est toujours là seul au pied de la colonne sur la place de l' Ermitage caché dérière son disque en métal. Plus loin sur la Perspective, un joueur de claquettes. Je rentre un brin bougon. Pourquoi cet abonnement à la solitude? Quel crime suis je en train d'expier se dirait un personnage de Dostoievski?


Ermitage côté Néva  

A suivre....
Par Serge-Albert Lagarde - Publié dans : Carnet de voyage
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