"Pourquoi as tu appris le russe" ? Me demande t'on régulièrement.
Je suis né en 1949, c'est à dire 4 ans après la fin de la guerre. Nous vivions rue du Colonel Delorme à Montreuil, ville communiste en Seine Saint Denis. Ma mère y était institutrice. Aprés
un court séjour à la SFIO de Guy Mollet, elle a pris sa carte au Parti ainsi que mon beau-père. Le Parti avait le vent en poupe à cette époque. L' Union Soviétique, le Grand Frère, au prix de
sacrifices inouis avait vaincu le troisième Reich de Stalingrad jusqu'à Berlin. Staline faisait figure de héro. En France, les communistes avaient participés activement à la Résistance. Nombre
d'entre eux avaient fait don de leurs vies. La France de l'époque comptait plusieurs millions de militants ainsi que des sympatisants. La propagande était bien organisée. Les camarades
vendaient l' Huma Dimanche dans la rue ou au porte à porte. Ils croyaient au communisme triomphant qui allait unir les peuples, vaincre la guerre et la misère, instaurer une nouvelle société
fraternelle et égalitaire. C'était pour la plupart des gens sincères, motivés, donnant de leur temps et de leur argent. Ils participaient aux réunions de cellules. Ils allaient dans les
manifestations. Ils étaient à mille lieux de se douter que la réalité en URSS ne correspondait nullement à leurs attentes et à leurs espérances. Mes parents étaient du nombre. Militants
modèles bien présents et actifs dans leur ville.
Ils étaient convaincus pour beaucoup que le russe allait détrôner l' anglais et devenir la langue universelle. Malgré tout, il y avait peu d'établissements où il était enseigné. Au collège de la
rue Vitruve dans le 20e j'ai commencé à étudier l' anglais. Ma mère pour mon passage en 4e m'a inscrit à l'annexe du Lycée Charlemagne à Vincennes, qui allait devenir Hector Berlioz. Il était
question que je prenne l' Allemand comme 2e langue. Ma mère est revenue toute contente : "Tu sais le Proviseur m'a appris la création d'une section de russe. Alors tu feras du russe mon fils".
C'est ainsi que l'apprentissage de cette langue m'a occupé pendant 6 ans. Avec un professeur exigent, voir impitoyable. Nous le surnommions Staline. Un petit air de ressemblance. Très brun, un
peu bedonnant avec une grosse moustache noire. Parfois c'était interro surprise. Zéro ou vingt. Sur, celà place la barre haut. Certains dont j'ai fait partie sont allés jusqu'au bout. D'autres se
sont démotivés.
A Berlioz j'ai fait partie du petit noyau qui avait créé le Cercle de Jeunesses Communistes au grand désespoir du Proviseur qui n'appréciait pas la présence de ces activistes perturbateurs
dans son établissement sérieux.
En juillet 1965 je séjourne 3 semaines à l' Université Lomonossov à Moscou pour un stage linguistique. L' année suivante me voilà parti faire un chantier de travail à Torgau en RDA. A 17 ans je
ne reprends pas ma carte des Jeunesses après avoir constaté l'absence de démocratie dans l'organisation. Tout était décidé en haut lieu. Lors des votes des résolutions toutes les mains
se levaient "pour", jamais "contre", jamais "abstention". Soljenytsine à commencé à lever le voile sur la réalité Soviétique. Alors j'ai entamé non sans douleur ma crise
d'anti communisme. J'ai jeté et maintenant je le regrette mes souvenirs : foulards rouges, insignes de pionniers et de soldats, les lettres, les cartes, les timbres de mes 2 correspondantes
Nadia et Stala vivant à Omsk en Sibérie. Mes cahiers écrits avec tant d'application. J'ai oublié le russe.
Dans les années 90, après la chute du Mur et l'ouverture des frontières à l' Est je me suis mis à entendre de plus en plus souvent parler russe dans la rue, le métro. Bien sur les nouvelles
qui nous venaient de Russie étaient surprenantes. Une transition aussi brutale. Il était question dans les médias de bouleversement économique, de misère, de prostitution, de mafia, de
corruption. Un président, Eltsine apparaissant souvent saoul. Puis la pérestroika avec Gorbatchev. Réalité ? Coup de bluf ? Manoeuvre politique ? Intox ?
Intrigué j'ai décidé de m'y remettre. A nouveau l'alphabet, la grammaire, le vocabulaire. Des russes rencontrés dont Olga avec qui j'ai travaillé à Cochin ont trouvé que j'avais bonne
mémoire. Les méthodes dictatoriales de mon professeurs ont engrammé les bases de la langue. A Saint Petersbourg et maintenant dans le cours de la Ville de Paris je me rends compte du chemin
encore à parcourir.
Dans le prochain article il sera question des raisons de mon intérêt pour Saint Petersbourg.
Merci à toi cher lecteur de prendre un peu de ton temps pour m'accompagner dans mon voyage.
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Levé de bonne heure. P'tit dej avec Vassili.
Comme je lui ai dit que je voulais écrire le récit de mon voyage, le cas échéant tenir un blog, il me demande ce que je compte raconter. Je lui répond que je compte simplement décrire ce que j'ai
vu, les personnes que j'ai pu rencontrer. Il me demande si il est exact que les français boivent du vin à tous les repas. J'aurais pu lui répondre que les français croient que les russes se
saoulent à la vodka tous les jours. Les clichés somme toute ont la vie dure quelque soit le pays. Il me demande ce que je pense de Sarkozy. Je reste évasif. Je ne sais pas trop quoi en penser
pour l'instant. Mais après tout nous avons un gouvernement qui tient la route. J'ajoute que je ne sais pas non plus quoi penser de la politique en Russie. Je manque tellement d'éléments pour me
faire une idée valable. Je n'ai pas trop le temps de lire les journaux. Je lui demande où trouver du caviar. Il m'indique une boutique où il a l'habitude de se fournir à l'entrée de la place
Sennaia.
12H30 je suis de retour. Café avec Vassili. Je lui
dit que je souhaite revenir en hiver. Je veux savoir ce que c'est que le froid et la neige en Russie. Il me conseille la fin février, le début du mois de mars quand le soleil recommence à
poindre. Il y a de belles lumières pour la photo. A ce moment les habitants ont pour coutume de venir prendre des bains de soleil au pied de la forteresse. Les membres du club des Morses vont
même jusqu'à se baigner. Je dois le prévenir suffisemment longtemps à l' avance si je veux revenir. 13h10 . ma valise est bouclée. On se quitte.
Encore 23 secondes pour traverser
Réveil. Douleur à la hanche. Je n'ai pas envie de
déjeuner seul. Je me décide pour le café Subway sur la Perspective. Musique de fond, siège et table un peu collants. Une espèce de sandwich avec du pain brun et une tranche de fromage cuit passée
rapidement au micro-onde. 150 roubles. Vraiment pas de quoi en faire un fromage monsieur du Corbeau.
La Cathédrale. Toujours des mariages. Le photographe
demande aux mariés et à leurs invités de se mettre sur une seule ligne face à lui. A son signal ils sautent tous en l'air. Photo. Ou bien toutes les femmes se mettent dérière la mariée et tous
les hommes dérière le marié. On fait mine de tirer dans les deux directions pour les séparer, bien sur sans succès. Les russes se marient ils tous en juillet? Je me renseigne sur le prix des
souvenirs. 8000 roubles (200 euros) la belle boite laquée. Une dominante dans les verts. Un paysage de fôret . Un arbre couché sur lequel jouent deux oursons retient mon attention. Je passe mon
chemin. Je longe la Néva. Une jeune artiste dessine le petit canal qui débouche à côté de l'Ermitage. Sur l'esplanade des montreurs d' animaux : un aigle, un petit lynx. Une gamine regarde
l'aigle dépitée. Elle aurait voulu qu'on la photographie avec sur le bras. Mais maman a dit qu'elle n'avait pas de sous... D'un autre côté on place l'aigle sur le bras sans la protection d'un
gand de cuir et vu la taille des griffes... Cela fait 6 heures que je bats le bitume. Pauvre bitume.
La plage
Tsarskoié Siélo
Le métro jusqu'à la station Moskovskaia. Le
bus K 299 à droite de la fontaine, derrière le buste de Lénine. Nous quittons Petersbourg. Une petite dame engage la conversation. Elle me demande si je vais à Pouchkine. Elle habite la banlieue.
Elle me fait signe quand il faut descendre. « Spaciba ». Beaucoup de monde. Entrée du parc 160 roubles. Je me contente de me balader dans le parc autour du lac. La file
pour la visite du Palais est impressionnante. Il y a foule autour de la Fontaine de la Laitière qui se lamente sur sa cruche brisée. On se fait photographier en touchant l'eau . Des
touristes chinois blagueurs. Il y a la Grotte, le Bain Turc, le Pont Palladien, le Monument de Lanskoy. Un kiosque où on peut louer des costumes d'époque pour se faire photographier par ses
proches. Vers la sortie un musicien joue de la flûte traversière, pantalon noir, chemise blanche comme au concert. Ses CD sont exposés sur une chaise.
La Fontaine de la Laitière
Le pont Palladien